Cet article vient en rebond à celui sur le fait que la Réunion ait une longueur d’avance dans le domaine, sur les résultats des assises numériques de Mai-Juin dernier, et cette publication de plusieurs associations liées aux TIC.
Le premier postulat est que l’émergence d’une industrie repose sur le nombre d’entrepreneurs rencontrant le succès, le soutien des pouvoirs publics limité à son champ d’action, et la pérennisation de ses 2 premiers facteurs. Cela est donc très lié aux « problèmes » généraux de la création d’entreprise, de l’emploi et de la formation, en local.
Je suis un jeune ou moins jeune, j’ai des compétences, ou juste l’envi. Qu’est ce qui va me faire franchir le pas m’emmenant vers l’entreprenariat ? Et a fortiori vers les TIC ? La facilité d’accès à l’information, et au financement, la proximité des structures d’aides et d’accompagnement, l’omniprésence d’histoires de succès autour de moi, la densité d’entrepreneurs, associés, employés, partenaires, et clients potentiels, dans mon environnement proche. Pour arriver à cela, voici quelques idées, adaptées des sources citées plus haut ou originales.
A. Se fédérer
1.Favoriser la création d’associations, de clubs et de groupements professionnels : Éditeurs web, Régies, Agences de communication, Start-ups/Entrepreneurs hi tech, Créatifs antillais, Étudiants dans des différents domaines (marketing, communication, IT… ).
2.Dynamiser, et moderniser l’offre de ces groupements : Plus d’évènements, plus d’innovation, plus de services offerts, production d’études, d’ouvrages,… Bref, mettre en place des véritables stratégies basées sur la performance, et le bénéfice des membres et celui de toute la communauté économique locale.
3.Favoriser la création d’évènements récurrents dans le domaine de la Technologie aux Antilles : Clubs, Barcamps, Salons, DevCamp, SparkCamp, etc…
Faire en sorte qu’ils soient ouverts à tous, avec différentes approches : professionnels, entrepreneurs, grand public, etc… Favoriser les mini évènements collaboratifs, et participatifs, faciles à organiser, donc faciles à réussir ! Les grandes messes institutionnelles me laissent pantois sur leur véritable intérêt et impact en terme de business.
4.Faire entrer l’entreprise dans tous les lieux de vie de la société. Création de lieux dédiés à l’entreprise ouverts et intégrés.
Créer des pépinières d’entreprise c’est bien, mais y intégrer des lieux d’éducation et de formation, de rencontre et d’échange, c’est encore mieux !
On peut voir le problème dans le sens inverse : Il faudrait créer des petites pépinières dans des lycées, universités, centres commerciaux (vu leur densité sur le territoire antillais !), quartiers difficiles (!), prisons(!!), pour à terme se diriger vers des minis palo alto, silicon valley, silicon sentier, sofia antipolis, etc…
Encore une fois, les investissements monstres pour créer ex nihilo des zones d’activités innovantes et dynamiques, j’y crois moins, que la transformation et l’intégration douce de l’existant.
Par exemple je trouve génial l’idée de créer Chrysalia en Martinique, mais c’est dommage que les étudiants de l’école d’ingenieur en informatique, Supinfo, situés à quelques kilomètres à vol d’oiseau, n’aient pas une place dans le projet. (à moins que je n’en soit pas au courant : Jean-Philippe peut me corriger si je me trompe ! lol)
Je verrais bien aussi à l’intérieur du Lycée Baimbridge, ou à Fouillole, des locaux réservés pour des starts-ups en création, avec une interaction forte avec la communauté éducative et étudiante : stages, travaux et études gratuites d’étudiants et de profs, contre cours et conférences des professionnels aux élèves. Organisation de petits évènements : concours de robotique, de développement de site, de design, networking, conférences thématiques, workshops, etc… encadrés par les start-ups. Ceci ne doit pas être vu comme une contrainte par les entrepreneurs (avec leur planning si serré), mais au contraire, comme de la R&D, de la comm, et de la gestion RH à moindre cout, facilitées et optimisées.
Existant : Com’an nou, ADTIC, Lakaz@TIC, Caribbean entrepreneur, Pépinière de la CACEM, etc…
De beaux exemples français : La Cantine, Designers Interactifs, etc…
B. Mettre en place des structures de financement privés soutenues par les pouvoirs publics
5. Création d’un réseau de business angels antillais, fond d’investissement privé, etc…
6. Mise en place de services augmentant les chances de rencontre entre les investisseurs privés et les entrepreneurs : Évènements, rencontres, sites internet, accompagnement à l’investissement local, Speed Business Meeting, etc…
7. Favoriser les rencontres pan caraïbe. A titre d’exemple, voir « La reconstruction de Fort-de-France financée largement avec des fonds caribéens ».
Rôle des pouvoirs publics : « Labeliser » les investisseurs potentiels et les actions, participer à l’effort de promotion, et de sensibilisation. Point. Qu’on range les subventions au placard… ou alors de manière symbolique dans des cadres promotionnels : concours, trophées, etc…
C. Développer un environnement média favorable
8.Développer de nouveaux supports d’information et de promotion de l’activité économique.
Un petit Big Up pour Be Smart au passage : Magazine sur le Lifestyle Business en Martinique.
9.Pour les médias existants, développer des contenus et des rubriques éditoriales favorisant le stimulation entreprenariale.
Illustration de cela, à Paris j’écoute principalement deux radios : Tropiques FM et BFM. D’un côté il y un monde où le business n’existe presque pas, et de l’autre un monde où les antillais n’existent pas ! Pourtant dans la réalité, les « sphères » économiques et antillaises se recoupent fortement !!
D. Mettre les cultures antillaises au cœur des stratégies
10. Développer des stratégies cohérentes et larges en terme de marchés ciblés.
Qu’on se comprenne bien, il ne s’agit pas de fermer son marché pour des produits qui pourraient être utilisés par tout le monde. Mais il y a un univers de produits et services, où mettre sa culture au centre de sa stratégie peut se relever être un avantage concurrentiel : Production de contenu, services spécifiques et de niche, etc… La particularité est que les antillais étant les meilleurs experts sur leurs problèmes et besoins (pour paraphraser Aliker), sont les mieux placés pour les résoudre, ce qui apporte un avantage concurrentiel indéniable : donc faudrait peut être commencer par ça… Ensuite adapter ses produits pour la Caraïbe avant de penser à les adapter pour la France métropolitaine serait peut être plus judicieux (Modèle Digicel dans l’autre sens).
Entreprises : Ne pas oublier qu’en France métropolitaine, il y a au bas mot, 500 000 antillais, dont un certain nombre d’entrepreneurs, prêts à adopter vos produits, et à vous accompagner dans votre développement !
E. Sensibiliser et évangéliser particuliers et professionnels
11.Développer les best practices et se benchmarker par rapport aux meilleurs du marché mondial.
Est-ce un complexe d’infériorité ou alors un manque de vision au delà des limites des îles ? En tout cas, j’ai constaté un phénomène de limitation de la qualité des produits et services rendus et un manque d’ambition de développement hors des Antilles, chez certains entrepreneurs. Mais c’est loin d’être une généralité, et des entrepreneurs antillais vont de temps en temps se frotter à des secteurs concurrentiels où des leaders mondiaux existent : weXpay (Vs Paypal), g2j dans les solutions de vidéoconférence pour les entreprises, etc…
12. Favoriser la diffusion des pratiques et des outils innovants au sein des entreprises, et du grand public
C’est le travail de tous, entreprises, institutions, particuliers : Cela va d’expliquer à son petit neveu ce qu’est un flux RSS, à expliquer à son client qu’est ce que peut lui apporter les outils de l’entreprise 2.0, à mettre en place et participer à des campagnes de sensibilisation publiques ou professionnelles (Fête de l’Internet, évènements, etc…).
Cette liste est ouverte, et je vous invite à l’amender, la compléter, la diffuser…
Si vous êtes une administration, une entreprise ou un particulier, et que vous avez comme projet de mettre en œuvre l’une de ses idées, n’hésitez pas à nous contacter nous serons ravis de contribuer à la réussite de votre projet !
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